bandeau
Femmes imaginaires

Laure

Laure, ma déesse : grande, sombre, cheveux bruns plutôt longs, sérieuse, légèrement préoccupée mais sans inquiétude excessive, sans aucun signe de bêtise ni d’intelligence ; ni renfermée, ni vraiment ouverte ; ni intéressée, ni indifférente. Anatomie étrange, marquée par cette fascinante implantation d’une cage thoracique proéminente, comme un ascenseur circulaire immobilisé vers le haut d’une tour panoramique. Cette construction... Lire la suite

Astrid

Madame la Rédactrice,
Permettez-moi de réagir à l’article paru dans le numéro du 13 juin Le couple : une alchimie imprévisible. Je m’étonne en effet qu’un périodique qui se présente comme militant pour la cause féministe puisse tomber dans la mode des fadaises « arrangeantes », alors qu’il est clair qu’aucun « arrangement » avec les hommes ne peut être vivable... Lire la suite

Monique

Le soleil commencerait à décliner ; un samedi de plus qui s’achèverait par le rangement optimisé, dans le frigo, des nombreux achats destinés à survivre jusqu’au lundi. La sonnerie retentirait, j’ouvrirais la porte. Elle se tiendrait majestueusement devant moi, obstruant la plus grande partie du couloir et débordant du cadre de la porte. Blouse noire à grandes fleurs rouges laissant avantageusement paraître des poignets de catcheuses ; jupe plissée bordeau, couvrant tout juste les genoux... Lire la suite

Annie la Reine

Ce serait un soir de blues, après une de ces journées de déceptions accumulées, où les objectifs n’auraient pas été atteints, ces objectifs qui brusquement se mettraient à puer l’esclavage et à inspirer une utopique rébellion. Alors je marcherais au hasard, en maudissant les cacas des chiens sur les trottoirs et en imaginant des enfers où je serais le diable. Après plusieurs bifurcations dans des rues inconnues, mes pas s’arrêteraient devant un bosquet d’arbres entre lesquels j’aperevrais la lumière... Lire la suite

Vanessa

Je l’apercevrais pour la première fois dans son jardin, à quatre pattes, grattant la terre, arrachant les mauvaises herbes, pressée d’arriver au bout de la plate-bande avant l’orage. La lumière tardive me rappellerait le ciel du nord, d’Irlande ou même d’Islande. Ces nuages nets, cet air pur, les maisons découpées sur l’horizon comme dans une peinture naïve. Vanessa ne serait que très peu vêtue : une minijupe très courte... Lire la suite

Aramata

L'entremetteur : petit, rondelet, gesticulant et volubile. Le père : grand sec emballé, enturbanné, grave. Il souffre de devoir vendre l'une de ses filles. On essaie de me faire culpabiliser pour augmenter le prix : la culpabilité existe-t-elle dans l’hindouisme ? Sinon, le vendeur connaît-il suffisamment la psychologie occidentale pour savoir jouer de la culpabilité ? Je lui expliquerais que je la veux grande... Lire la suite

Eva

Une grande femme blonde aux cheveux méticuleusement peignés sur le côté et petite queue de cheval bien proprette, avec des bijoux charmants, ni trop ni trop peu, perles et or, un rouge à lèvre discret, de bon goût, des jeans de qualité et une blouse en soie très bien assortie, bref le genre de femme « d’allure moderne » qui sait toujours « ce qui se fait » et « ce qui ne se fait pas ». En temps normal, j’appelle cela : une petite bourgeoise de merde. Mais là ce serait différent... Lire la suite