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Y'a une bulle !

20e siècle : le communisme

21e siècle : l'éthique

Le communisme se fonde, à l’origine, sur une idée plutôt généreuse dont on trouve les premières traces chez Platon et chez le Chinois Mencius : celle de mettre en commun, et de gérer en commun, les ressources dont dispose la société . Entre parenthèses, cette base positive distingue essentiellement le communisme du nazisme, deux idéologies que l’on a trop souvent placées en parallèle, sur la seule comparaison du nombre de morts que l’une et l’autre ont produit : contrairement au communisme, le nazisme repose, dès le départ, uniquement sur des objectifs destructeurs.

L’éthique se fonde, à l’origine, sur une idée plutôt séduisante : celle de donner à chacun les critères lui permettant, en toute circonstance « d’agir au mieux », c’est-à-dire dans le respect de soi et des autres ; et cela en analysant intelligemment les conditions particulières de la situation dans laquelle une décision doit être prise. L’éthique se distingue ainsi de la morale qui, elle, impose des règles fixes à appliquer « sans réfléchir ».

Dès le début du 20e siècle, le marxisme a obtenu un large soutien des milieux intellectuels : artistes, écrivains, journalistes, philosophes, etc. Les scientifiques semblent avoir été moins enclins à adhérer à cette doctrine qui se prétendait scientifique, mais avec des critères assez éloignés de ceux que généralement l’on veille à appliquer dans les sciences.

Dès le début du 21e siècle, l’éthique rencontre un large soutien des milieux intellectuels, artistes, écrivains, journalistes, philosophes et scientifiques. Pour ces derniers en particulier, l’éthique semble revêtir un caractère expiatoire : la « connaissance objective du monde » devait conduire au bonheur de l’humanité, en la libérant du joug des dogmes religieux. Mais rien ne se passe jamais comme prévu : les découvertes scientifiques sont toujours accaparées par des industriels qui les mettent au service de leur seul profit, lequel ne coïncide que rarement avec le bonheur de l’humanité. Résultat : pollution, bombe atomique, technodépendances en tout genre… Et au final, un abrutissement général qui confine à la crétinisation collective.

Rapidement, il apparaît que l’objectif initial du communisme nécessite une transformation des mentalités : la gestion des ressources en commun, et pour le bien de tous, implique de la part de chacun un abandon de ses ambitions personnelles au profit d’une ambition pour l’ensemble de la société, qu’il faut conduire vers son avenir radieux. C’est le fameux Homo sovieticus d’Alexandre Zinoviev.

Rapidement, il apparaît que l’objectif initial de l'éthique nécessite une transformation des mentalités : « agir au mieux » pour le climat, pour la planète, pour les générations futures… rien de tout cela ne s’avère très spontané pour le commun des mortels. Il faut donc éduquer Homo sapiens afin d’en faire l’Homo ethicus de Daniel Cohen (pour ne citer que lui).

Le cerveau humain étant devenu ce qu’il est par des millions d’années d’évolution, la transformation profonde des mentalités s’avère impossible. Les systèmes communistes se rabattent alors vers un changement des comportements, qui ne peut se produire que sous la contrainte, puisque ces comportements nouveaux ne correspondent pas à une mentalité nouvelle. À ce stade, un régime communiste évolue donc inévitablement vers une dictature.

Le cerveau humain étant devenu ce qu’il est par des millions d’années d’évolution, la transformation profonde des mentalités s’avère impossible. L’exemple du tri des déchets : en Suisse, depuis plusieurs années, la récupération du verre, du papier ou des piles bat des records internationaux, grâce à la bonne conscience éthique des Helvètes. Mais manifestement cela ne suffit pas et aujourd’hui la norme est aux taxes, aux caméras placées sur les conteneurs à ordures et aux polices spécialisées dans l’examen du contenu des sacs poubelles insuffisamment triés, afin d'en poursuivre les propriétaires. À ce stade, et après des années de sensibilisation aux valeurs de l’éthique prétendument « indispensable parce que la loi ne règle pas tout », celle-ci bascule inévitablement vers la répression des hérétiques.

La contradiction entre ce que souhaite faire le citoyen et ce que le système communiste l’oblige à faire n’étant pas supportable déjà à moyen terme, une multitude de comportements réprouvés se mettent à proliférer clandestinement. La première conséquence, relativement anecdotique, est l’instauration par le régime d’un dispositif de surveillance et de délation visant à traquer les comportements « déviants ». La seconde conséquence, fondamentale, c’est que les caractéristiques de la société communiste s’avèrent finalement en totale contradiction avec celles voulues initialement. La plus évidente des contradictions concerne les inégalités, qui devaient se réduire, et qui finissent par excéder toutes celles qui prévalent dans d’autres systèmes.

La contradiction entre ce que souhaite faire le citoyen et ce que le système éthique l’oblige à faire étant difficilement supportable déjà à moyen terme, une multitude de comportements réprouvés se mettent à proliférer clandestinement. Pour reprendre le cas des déchets, les gestionnaires de stations d’épuration des eaux voient arriver dans leurs égouts des langes de bébés ou des litières pour chats qui tentent par ce moyen d'échapper aux taxes, autant d’absurdités inconnues auparavant. Les mêmes « déviances » apparaissant en matière de transport automobile, de consommation d’électricité, etc., on peut parier que la société qui en résultera a toutes les « chances » de finir en totale contradiction avec le projet éthique initial.

Proposition

Toute démarche sociopolitique est vouée à l'échec si elle présuppose, pour réussir, un changement profond des mentalités.